La tête en arrière

Deux bouleversants portraits de femmes…

Editions Diabase -2009
96 pages

Prix Yann Brékilien 2009 Association des Ecrivains Bretons

« C’est une histoire douloureuse que raconte Nathalie de Broc, dans ce roman. Non-dits, situations troubles, absence d’affection… avec des phrases sobres, l’auteur évoque ici une relation mère-fille infiniment bouleversante. Une réussite. »

Yves Loisel, Le Télégramme

Une jeune femme raconte : son enfance confiée à une tantine, les aléas de son adolescence, la présence épisodique d’une mère aux amours chaotiques, tour à tour enjouée ou cruelle. Une mère différente dont elle s’obstine, jusqu’à l’âge adulte, à percer le mystère.

Chaque situation de ce roman tisse la trame de deux vies qui tentent de se construire entre tendresse et violence, absence et attente, comme deux parallèles qui n’en finiraient pas de se regarder sans pouvoir se rencontrer.

Un roman tendu, vif comme le feu de son histoire. Une écriture économe, presque clinique, émouvante.

Ce roman a été mis en musique par la sensibilité aigüe d’un artiste, Arthur Guillemot. https://arthurguillemot.com/

Extrait :

Thérèse dormait.

Chaque fois qu’elle venait me voir le dimanche, elle dormait. Chaque premier dimanche du mois. Je la regardais dormir. Je trouvais ça … interminable. Elle se couchait sur le petit lit d’appoint dans un coin du salon, après le déjeuner, s’enveloppait dans une couverture, s’enfouissait la tête dessous, me disait :

« C’est juste pour me reposer un peu, tu verras ce ne sera pas long. mais tu sais, Maman travaille beaucoup dans la semaine, elle est très fatiguée. après on fera plein de choses, on jouera aux cartes… Maintenant il faut laisser Maman se reposer…

Je détestais quand elle me disait ça, non parce que je savais pertinemment qu’elle mentait sur le fait que l’on jouerait ensemble plus tard – on ne le faisait jamais – mais parce qu’elle le disait avec le pouce dans la bouche. Cela faisait une bouillie de mots incompréhensibles. Les derniers, elle ne les prononçait plus, car elle dormait déjà. Je les entendais quand même…