Série vider son sac… Pascal Lamour

Je croyais qu’avec l’épisode d’Henry Le Bal, poète dramaturge un peu fou, se terminait la série vider son sac, mais il a suffi d’un nouveau salon à Theix (56), pour lorgner du côté de mes voisins auteurs. La manie m’avait reprise. Une entrée en matière un peu déconcertante mais qui évitent les longs discours.

Mon voisin immédiat, ce jour-là, était Pascal Lamour. S’il lui fallait indiquer tous ses titres et compétences sur une carte de visite, il lui faudrait un livre : docteur en pharmacie, druide, musicien, herboriste, essayiste… bientôt romancier. C’est un multi-tâches, multi-talents. Ajoutez à cela un amour inconditionnel pour la Bretagne à laquelle il a rendu un hommage très personnel dans son dernier ouvrage (paru chez Suzac éditions) :
Petite déclaration d’amour à la Bretagne/ Notre terre de Breizh.

Et même s’il chante :

Je n’appartiens à personne
Pas même à celui qui rêve
Seuls me portent les mots
Des bardes de l’Occident

Il reconnaît :

Pourrais-je vivre ailleurs qu’ici en Bretagne ? sans hésitation, la réponse est non… j’admets qu’il m’arrive d’être heureux de quitter ma terre… pourtant très vite l’envie de revenir me gagne, mon sommeil se fait plus lourd et je sens alors que c’est le ^pays qui m’appelle : mon équilibre passe par la terre qui me porte, par le vent qui me pousse, par la mer qui me protège ; et cet appel, inconscient en apparence produit vite une impression d’instabilité. La Bretagne c’est bien plus que se ranger derrière un drapeau ou un hymne : il faut la vivre, la désirer, l’aimer par tous les temps et malgré tous les contrastes, pour y vivre tous les rêves.

Des rêves, Pascal en a plein sa besace de cuir sombre patiné, -bien sûr il a fini par accéder à ma demande et par ouvrir le précieux cartable d’écolier- une boulimie tous azimuts et pour ne pas les oublier, il les couche sur un papier genre vélin. Dans un carnet un rien moyenâgeux. Chaque jour, sans souffrir aucune exception, comme il respire, quelques pages à l’encre noire au stylo de dessinateur. Le tout ponctué de dessins. Il en est déjà à son 13ème carnet. Même format. Même couverture cousue main.
Et tout au fond de ce même sac, bien cachée, précieuse, si précieuse … une clé. Oh pas celle banale de sa maison, ou plus triviale encore de sa voiture… celle de ses talents. La clé du coffre qui recèle tous les masters de ses compositions musicales – 17 CD à son actif- et les manuscrits originaux de ses douze ouvrages.
Qu’il emmène partout avec lui.

Pour ne garder que ce qui importe vraiment.

Nathalie

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