Journal d’écriture, semaine 18

J’ai pensé à vous ce matin parce que ça s’applique peut-être à ceux qui écrivent. Vous avez dû être confrontés à ça aussi. On a l’impression qu’on a écrit une phrase extraordinaire. Et à chaque fois qu’on la relit, on est à la fois intellectuellement satisfait peut être même arrogant mais quelque chose se passe dans le ventre qui dit que ce n’est pas si bon que ça. On est partagé entre ces deux là. Il se trouve que j’avais un chapitre dans lequel la fin, j’avais trouvé une phrase que je trouvais vraiment bien et qui donnait envie de tourner la page pour le chapitre suivant. Sauf que le chapitre suivant ça bloquait et je ne comprenais absolument pas pourquoi. J’ai déjà posté une vidéo dans laquelle je disais que j’étais coincée mais là ça recommençait et ça a duré 5 jours et je ne comprenais pas pourquoi. J’ai utilisé un petit outil que j’ai d’habitude, je le sais bien, mais je n’avais pas envie de l’utiliser. C’est de revenir en arrière pour voir qu’est ce qui pourrait coincer en amont et je suis arrivée à ma phrase formidable. C’est là que je coinçais et j’ai pensé à une phrase de Stephen King. Il a écrit un livre formidable sur l’écriture et il disait « assassinez vos chéris ». Ça n’a rien de meurtrier mais il s’agit de barrer en premier les phrases que l’on croit extraordinaires parce que c’est parfois celles où on se complait dans notre métier. On se la pète un peu et ça bloque tout le processus. Je me suis résignée à enlever cette phrase et c’est comme dans un entonnoir, comme par hasard, tout le sable s’est écoulé et le chapitre suivant a pu redémarrer. Alors j’ai assassiné ma petite chérie et finalement ça fait du bien ! A la prochaine fois !

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