Série vider son sac… dernier épisode ?

 

Alors celle-là, on ne me l’avait jamais faite ! Des sacs, j’en ai vidés pour les besoins de la cause et pour cette série de l’été, mais jamais comme celui d’Henry Le Bal, poète lunaire, philosophe et dramaturge….

Présenter Henry est l’exercice le plus périlleux qui soit, car ce royaliste écrivain est hors norme. Je le cueille un soir, dans la galerie de tableaux  qu’il ouvre dans une rue quimpéroise, proche de la cathédrale, à la belle saison. Ambiance atelier de peintre du XIXème siècle, dans laquelle il est tout à fait à sa place tel un Delacroix revenu. Lui ne peint pas, il écrit.

La vie. Dans chacune de ses oeuvres inspirées pour la plupart de la Bible.

Pour elles, pour la vingtaine d’ouvrages publiés, il a toujours suivi un même rituel : quatre mois d’isolement total sur l’île d’Ouessant. 

« Là-bas, dès le premier rayon du jour, c’est parti. Quand t’écris, t’écris. Rien d’autre ne peut compter ; tellement peur que le Verbe t’échappe. Ne jamais se mettre en porte-à-faux avec le bla-bla du monde. L’essentiel est d’arriver au bout. Quoi qu’il se passe, ne jamais se laisser piéger par les aléas de la dispersion. Ce travail d’écriture, c’est l’amour enfin rendu visible ! ».

L’écouter c’est vouloir prendre des notes, ou une leçon de vie, ou peut-être d’écriture.

Installé au creux de son fauteuil club, il me tend son sac… c’est quand même pour cet exercice que je suis venue… ou le prétexte. Car rien n’est plus enivrant que de refaire le monde avec cet homme-là. 

–  Regarde ! me dit-il en riant de mon air.

– Je voudrais bien, mais je ne vois qu’un sac plastique blanc, plus trivial tu meurs !

– Peut-être, mais tous les soirs à la même heure, tu me verras avec, je ne saurais m’en passer, c’est ma piscine !

De mieux en mieux !

Je jette un oeil dans son sac. Quelques glaçons surnagent encore, le reste a fondu… l’essentiel étant dans le seau à glace posé devant nous. A côté de la bouteille de champagne.

Essentielle pour refaire le monde et vider son sac.

Nathalie