Pépites d’atelier…

Parfois les ateliers d’écriture se suivent mais ne ressemblent pas aux autres.  Un moment de silence, là où on était habitué à la dissipation, au crissement de chaises, aux élèves remuants. La poésie fait son oeuvre. Il a suffi ce mardi après midi-là de lire le poème de Boris Vian, « je voudrais pas crever »:

je voudrais pas crever

avant d’avoir connu

les chiens noirs du Mexique

qui dorment sans rêver (….)

pour que soudain la plume de ces élèves de seconde, s’envole.

Qu’ils soient remerciés pour leur engagement.

Bouleversant…

L’exercice consistait donc à  reprendre l’en-tête de Boris Vian et à continuer 

Extraits :

Je voudrais pas crever avant mon père

Je voudrais pas crever avant d’avoir découvert l’Afrique du Sud

Je voudrais pas crever seule

Je voudrais pas crever sans avoir dit je t’aime à ma mère

Je voudrais pas crever sans avoir un père

Je voudrais pas crever sans avoir rien fait de ma vie

Je voudrais pas crever sans avoir mon bac

Je voudrais pas crever sans avoir visité chaque continent

Je voudrais pas crever sans la richesse

Je voudrais pas crever sans être éternel

Je voudrais pas crever et oublier les belles choses que j’ai vécues

Je voudrais pas crever sans rattraper mes erreurs, sans changer, sans devenir une meilleure personne

Je voudrais pas crever sans avoir senti le vent, le soleil, l’écume sur mon visage

Je voudrais pas crever de chaud

Je voudrais pas crever jeune

Je voudrais pas crever sans avoir le corps dont je rêve depuis 4 ans

Je voudrais pas crever avant que mes parents soient fiers de moi et que mon frère évolue

Je voudrais pas crever sans avoir vécu mes rôles

Je voudrais pas crever sans avoir ratissé le monde…

 

Ajouter quelque chose ?

Pourquoi ? Tout n’est-il pas dit ?

 

Nathalie