Fleur de Sable

Roman

Presses de la Cité - 2010

Ils étaient trois.

Trois amis d’enfance, dans les années cinquante à Douarnenez, qui partageaient la même passion pour la mer et une même volonté de faire fortune. Ils étaient trois garçons mais il fallait aussi compter avec Elisa, sœur de l’un, amoureuse de l’autre et secrètement aimée du troisième.

A bord de leur Fleur de Sable, fier langoustier construit de leurs mains, les trois inséparables ont mis le cap sur la Mauritanie et les saisons de pêche succédant aux saisons de pêche, toujours plus fructueuses, la fortune est venue. Jusqu’à ce que l’un des trois si plein de certitudes commence à douter : sa rencontre avec une belle, mystérieuse fleur du désert n’y était pas étrangère.

La donne changea alors du tout au tout.
Et l’amitié avec.

Paolig, Germain et Christian n’avaient plus les mêmes rêves.

Extrait
Fin janvier 1954
« - Pourquoi tu te sens toujours obligé de faire ces conneries ?
Installé à califourchon sur la branche d'un hêtre, Christian est furieux. Il déteste ce que Paolig est en train de faire : cracher sur les têtes des promeneurs qui passent à quelques pieds au-dessous d'eux. Evidemment, Paolig recommence, il vise même et il faut avouer qu'il est adroit. De son hêtre à lui, de l'autre côté du chemin des Plomarc'h, qui domine toute la baie de Douarnenez, il s'amuse comme un fou, nargue Christian.
- Le grand seigneur n'aime pas ça ?
Juché sur un troisième arbre, Germain met son grain de sel :
- Vous n'avez pas bientôt fini tous les deux ? On avait dit qu'on roulait nos cigarettes. C'était pas la peine que je me donne tout ce mal pour piquer le tabac de mon vieux !
Paolig se moque :
- T'as récupéré que de la cendre, oui !
- T'avais qu'à t'en charger ! Toujours plus malin que les autres …
- Descends pour voir lequel est le plus malin !
Le sang de Germain ne fait qu'un tour. Il descend de ses hauteurs, il a des poings, il va s'en servir. Sérieusement même. Au passage, son short s'accroche à une fourche, une déchirure nette en angle droit. Tant pis. Il lorgne du côté de Christian qui dégringole de son perchoir, visiblement aussi prêt à en découdre que lui, Paolig n'a qu'à bien se tenir.
Tout avait pourtant bien commencé… »